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Une chambre à  elle - Entretiens avec Benoîte Groult - Présentation Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Sommaire
Présentation
Le court-métrage
Le double DVD
Location ou achat
Interview réalisatrice

Interview de Anne Lenfant
Réalisatrice de «Une chambre à elle – Benoîte Groult ou comment la liberté vint aux femmes"
(Avril 2006)

  • Pourquoi ce film ?
    Réaliser ce film, puis le DVD, était une nécessité absolue. Alors qu’au début des années 2000 Benoîte Groult était totalement oubliée des nouvelles générations, il m’a semblé indispensable de la filmer pour mieux parler du féminisme aujourd’hui, de la prise de conscience, et de la vieillesse, trois sujets que je souhaitais explorer avec elle parce qu’elle désamorce les tabous avec une franchise exceptionnelle.
    Pour moi, c’est ça le documentaire, une volonté à la fois de transmettre et de découvrir. Une envie de dire des choses d’une part, et un questionnement, une curiosité d’autre part.
    Ensuite , les réactions à chacune des projections du film m’ont vite convaincue de l’urgence de le compléter en rendant publiques 5 séries d’entretiens complémentaires sur ces thèmes (filmées entre 2002 et 2005), dans un double DVD édité en 2006.

  • Et pourquoi Benoîte Groult en particulier ?
    Pour beaucoup de raisons. Son style drôle et percutant, ses convictions, permettent de parler du féminisme comme d’un humanisme, sans complexe, avec bonheur. Sa vie et la manière dont elle la raconte me touchaient : ses émancipations, ses libérations des prisons de verre qui enfermaient les femmes au XXème siècle. Sa prise de conscience tardive surtout. J’ai voulu comprendre ce phénomène et voir jusqu’où ça l’avait emmenée. Son ouverture d’esprit a aussi beaucoup compté (en particulier la manière dont elle raconte la vie amoureuse de sa mère ou dont elle parle des nouvelles façons de vivre ensemble) et son énergie m’inspirait des images avant même notre rencontre.
    Et puis, c’est une «passeuse». Qui de mieux qu’elle pour transmettre ? Il ne s’agissait d’ailleurs pas de «faire un portrait», mais de montrer l’actualité de ses idées.
    Je dois aussi parler de la vieillesse, qui m’inspire une vraie curiosité parce qu’on n’en parle jamais vraiment. Je voulais savoir ce que Benoîte était devenue (elle n’avait rien publié depuis 10 ans), lui redonner la parole sur des sujets actuels, et montrer la vieillesse sans détour. J’avais l’intuition, avant même qu’elle écrive «La touche étoile», qu’elle m’en parlerait avec beaucoup de franchise.

  • C’est un premier film. Comment l’avez-vous réalisé ? Saviez-vous où vous alliez quand vous avez commencé ?
    Cette nécessité m’a poussée à l’autoproduire et à commencer à filmer rapidement. J’avais une idée très précise des sujets dont je souhaitais parler ou que je voulais explorer. Je me suis beaucoup documentée et j’ai conçu chaque entretien de manière très construite, m’adaptant ensuite au style et au rythme de Benoîte et des autres personnes rencontrées.
    En revanche, même si j’avais quelques idées de départ sur la mise en scène et la construction du film, l’élaboration des images et le montage du film furent un apprentissage sur le tas , heureusement accompagné de professionnels expérimentés, très à l’écoute de ma recherche et de mes exigences : Brigitte Pougeoise lors du tournage, Sébastien Chafoulais au montage et plus tard Jean-Paul Bagnis lors de la conception du DVD.
    La nécessité de réaliser ce film était également ressentie par d’autres qui, comme Josyane Savigneau par exemple, se sont livrés au jeu de l’entretien avec une grande générosité. J’ai eu beaucoup de chance au cours de ces rencontres.

  • Vous allez continuer ?
    J’espère bien ! Ce sentiment de «nécessité» est toujours là, et en plus j’ai maintenant pris goût à cette forme d’écriture.
    Le travail sur l’image est fascinant ; le montage comme la prise de vue, toujours aléatoire dans le documentaire, procurent une vraie jouissance, liée sans doute à la responsabilité qu’ils exigent. Et il y a encore tant de sujets à mettre en lumière…